Acces à la hors classe PEPS et CE


Mis en ligne le 03 juin 2015

Déclaration SNEP–FSU CAPA Hors Classe P. et CE EPS

Monsieur le recteur,

Comment commencer cette CAPA sans évoquer le véritable passage en force réalisé par le gouvernement actuel. Alors même qu’il lance une consultation concernant les nouveaux programmes, il adopte un décret réformant le collège le lendemain d’une grève qui regroupait l’unanimité des syndicats dans le même constat : Son incapacité à résoudre les problématiques du collège. La grande difficulté du collège est l’hétérogénéité qui règne au sein de chaque classe et qui rend quasi impossible l’idée de faire progresser tous nos élèves. Les enseignants doivent faire cours à des classes trop nombreuses, regroupant 4 ou 5 niveaux différents dont certains proches de l’illettrisme et de la dyscalculie. Cette réforme cherche à répondre à ces difficultés par plus d’autonomie aux établissements et davantage de travail interdisciplinaire. De quelles manières ces 2 orientations ont-elles prévu de répondre à l’hétérogénéité ? Certainement en modifiant les contenus d’enseignements et en diminuant les exigences comme à chaque fois avec l’introduction de compétences interdisciplinaires plus facilement atteignables par tous les élèves ! Sans moyen supplémentaire, c’est la seule solution qu’a trouvée le gouvernement pour ne pas être taxé d’immobilisme. Nous défendons l’idée d’une école plus ambitieuse qui emmènerait tous ses élèves vers des compétences disciplinaires plus élevées. Mais pour y parvenir nous pensons qu’il faut « PLUS ET MIEUX D’ECOLE » et assurément « PLUS DE MAÏTRES QUE DE CLASSES ».

Cette école, ce sont les enseignants qui la construiront à condition qu’ils soient plus écoutés quant aux besoins indispensables pour les élèves et mieux formés.

Lors de la CAPA précédente l’administration nous faisait part d’un triste constat, celui du taux d’absentéisme des enseignants dans notre académie. Il serait 2 fois plus important que dans les autres académies à égalité avec la Corse. Selon l’administration, ce taux d’absentéisme n’est à priori pas corrélé avec une quelconque différence d’âge ou de profil des enseignants par rapport aux autres académies. M. Aristide rappelait que les conditions d’exercices étaient très difficiles dans notre académie avec nos conditions climatiques et le manque d’installations sportives. Si ces conditions d’exercices expliquent certainement pour beaucoup cet absentéisme, d’autres académies où l’exercice est également difficile voient leur taux d’absentéisme moins important. Les réponses sont certainement donc à chercher aussi du côté de la motivation. Selon toutes les études scientifiques récentes en psychologie et sociologie, le principal facteur de motivation est le sentiment de compétence. Ainsi donc, dans la majeure partie des cas un enseignant non motivé serait un enseignant qui ne se sentirait pas compétent et notre académie aurait donc un rôle important pour les aider.

D’abord, par la formation sur les contenus disciplinaires car quasiment absente du PAF. Tandis que dans les académies où l’enseignement est également délicat, comme la région parisienne, les enseignants ont des formations trimestrielles, en Guadeloupe, les enseignants peuvent rester des années sans formation. Dans ces conditions, comment leur en vouloir de ne plus se sentir compétents auprès de populations d’enfants évoluant rapidement. Comment ne pas comprendre que petit à petit les échecs qui peuvent en résulter dans leur enseignement puissent les conduire vers une baisse de motivation ?

Ensuite en repensant la politique managériale de notre académie qui peut également avoir des effets sur la motivation des enseignants. En effet, celle-ci a pour effet de monter les enseignants les uns contre les autres en les classant les uns par rapport aux autres, tout en en créant des inégalités marquantes entre eux à travers les choix opérés dans les critères, entre autres pour la promotion à la hors classe.

Ainsi nous pouvons citer l’exemple de certaines catégories d’enseignants qui peuvent être marquées au fer rouge durant toute leur carrière. Les points d’attribution pour mode d’accès au corps sont à ce titre tout simplement honteux. Est-ce un démérite d’être entré dans le corps par le concours interne, le concours réservé, la liste d’aptitude ? A-t-ont prévenus les collègues au moment de leur accès au corps qu’ils seraient durant toute leur carrière moins bien considérés que les autres ? N’est-ce pas là un sérieux motif de sentiment d’incompétence et de démotivation ?

De plus, l’interprétation académique qui est faite de la circulaire ministérielle pour la promotion hors classe est-elle aussi chargée de cette logique de classement et d’exclusion. Alors que la circulaire ministérielle cherche à promouvoir les collègues les plus expérimentés qui n’ont pas démérités la circulaire académique et le barème retenu par l’administration cherchent à favoriser les plus méritants. Cette logique a pour effet de déclasser des collègues très expérimentés qui n’ont pas démérités au profit de collègues moins expérimentés au profil de carrière souvent plus proche de l’administration et moins du terrain. Dans cette campagne de promotion 44 collègues plus expérimentés ne se voient pas promus et dépassés par un collègue moins expérimenté mais mieux classé par le barème. N’est-ce pas là encore pour eux un sérieux motif de sentiment d’incompétence et de démotivation ?

La circulaire ministérielle sur la promotion à la hors classe précise pourtant :
« Vous prendrez donc soin, dans le choix que vous opérerez parmi les promouvables à la hors-classe, de vérifier que les personnels méritants les plus jeunes bénéficient d'abord d'un avancement plus rapide d'échelon avant de bénéficier éventuellement d'un avancement de grade. »
ou encore :
« Vous porterez une attention particulière à la promotion des agents les plus expérimentés, qui ont atteint l'échelon le plus élevé de la classe normale et dont les mérites incontestés ne peuvent plus être reconnus qu'à l'occasion d'une promotion de grade. »
Et enfin :
« Dans l'application que vous ferez des modalités d'établissement des tableaux d'avancement indiquées dans la présente note de service, vous veillerez à intégrer des éléments de continuité compatibles avec le souci, exprimé lors de la création de la hors-classe, de contribuer à la revalorisation des carrières des personnels enseignants et d'éducation. »

Afin de répondre plus exactement à cette circulaire ministérielle et répondre à cette revalorisation de carrière, le SNEP-FSU vous a fait parvenir une proposition de liste de promus à la hors classe. Elle prend les collègues dans l’ordre d’échelon puis d’ancienneté dans l’échelon, puis l’âge.
Cette proposition possède l’avantage de s’appuyer sur des données plus objectives car compilées tout au long de la carrière de l’enseignant. En effet, la vitesse d’avancement d’un collègue et donc son échelon dépend de dizaines de notations de la part de chefs d’établissement différents et de 3 à 4 évaluations d’IPR différents.

A l’opposé, le barème actuel attribue près du tiers des points sur des données plus subjectives car basées sur l’avis d’un seul chef d’établissement et d’un seul IPR connaissant parfois mal les collègues.
La proposition du SNEP-FSU a aussi le mérite de ne plus utiliser des critères du barème qui se révèlent parfaitement inéquitables entre les collègues. Effectivement, tous les collègues ne sont pas inspectés au 10ème et 9ème échelon. Pour éviter que des collègues soient lésés l’administration réévalue les notes des collègues non inspectés depuis plus de 5 ans à la moyenne de l’échelon. Parmi eux, certainement y a-t-il des collègues qui auraient mérités mieux ou peut être moins dans le cas d’une inspection. Est-ce juste pour eux-mêmes ? Est-ce juste pour les autres ?

La proposition du SNEP-FSU évite de monter les collègues les uns contre les autres car notre métier d’enseignant d’EPS nécessite de travailler ensemble, de partager nos pratiques, de nous former les uns les autres. Elle garantit à chacun d’entre nous de pouvoir partir à la retraite avec le dernier échelon de la hors classe en favorisant ceux qui sont les plus proches de la retraite et ont servi depuis plus longtemps. Les collègues aux carrières différentes, ayant souvent accédés au corps par des voies autres que celles du concours externe ne se voient plus lésés et stigmatisés par le critère de l’accès aux corps. Nous faisons tous le même métier !

Enfin, la proposition du SNEP-FSU empêche des aberrations telles que celles qui résultent du barème actuel. Alors même que les restes nationaux sont distribués aux académies qui promeuvent le plus de 11ème échelon, notre académie propose de promouvoir seulement 7 collègues du 11ème échelon sur les 11 promus. Un collègue du 9ème échelon est même proposé par ce barème ce qui revient à dire qu’il dépasse 44 collègues d’échelons ou d’ancienneté dans l’échelon supérieur. Ont-ils tous démérité ? Doivent-ils tous se sentir incompétents ? Nous pensons que non.

C’est pourquoi nous vous demandons, M. Le Recteur, conformément au courrier transmis le 28 mai 2015 de mettre au vote notre proposition de liste de promus à la hors classe basée d’abord sur l’échelon, l’ancienneté d’échelon et l’âge. Cet acte pourra ainsi être considéré par notre profession comme un signe fort de votre part de ne plus exclure des promotions des collègues qui n’auraient pas démérités et par voie de conséquence, éviter en parallèle d’une refondation de la formation continue, de laisser se propager dans la profession un sentiment d’incompétence, dévastateur pour la motivation de nos collègues.

Déclaration SNEP–FSU CAPA Hors Classe P. et CE EPS


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SNEP-FSU Guadeloupe