Les installations


Mise en ligne le 06 avril 2014

Réunion Equipements Sportifs Outre-Mer

Congrès de Vogüé, 26 mars 2014

15 participants dont 11 collègues ultramarins + Thierry, Patrick, Jean-Paul et Martine.

Introduction sur les conditions particulières d’enseignement de l’EPS (chaleur, hygrométrie, rayonnement et précipitations) et proposition de mutualiser des constats puis des propositions spécifiques (par exemple couleurs de sol limitant la réverbération, murs de protection des alizés, etc)

Attention aux adaptations indignes et aux revendications à minima compte tenu du désarroi de nombreux collègues.

Objectif : élaborer un document (secteur équipements avec les « SNEP ultramarins ») qui sera utilisé en direction du Ministère et des collectivités


Guyane :

La situation est difficile mais elle évolue. Le SNEP a été associé à la réflexion menée actuellement par le Conseil Régional, visant à aboutir à un schéma régional d’équipements sportifs. Les résultats d’une enquête ont été présentés ainsi que des équipements qui pourraient être construits.

Le SNEP a présenté ses revendications à partir du guide MEN et des référentiels et demande à être partenaire jusqu’à la mise en œuvre.

Les installations actuelles sont souvent mal réfléchies (bassin inox extérieur par ex.)

Réunion :

Grandes disparités des situations généralement dépendantes de l’époque de construction des installations sportives. Après grève, début 2000 mise en place d’une commission tripartite : chaque établissement construit sera doté d’installations sportives.

Problématique du calendrier scolaire, avec un alignement progressif des vacances sur le calendrier métropolitain, inadapté aux conditions de travail en extérieur.

Action « chaleur » en cours, en lien avec le CHS-CTA. Les relevés au sol (plateaux noirs) indiquent des températures de l’ordre de 60 à 65 °C.

Alors que le rayonnement solaire est jugé dangereux pour des valeurs de 11 , il peut monter jusqu’à 18 voire 20 sur l’Ile.

Le taux d’humidité a un impact négatif sur l’activité cardiaque.

Beaucoup d’installations sportives ne disposent ni d’eau ni d’ombre.

Une campagne avec slogan serait à réfléchir : a minima, avoir 1point d’ombre, 1 point d’eau puis des plateaux couverts.

Mayotte :

Pire à Mayotte : déficit énorme d’installations sportives ; les installations existantes n’ont généralement ni point d’eau ni ombre et sont vites dégradées car les matériaux utilisés sont de mauvaise qualité.

Gros problèmes de manque de maintenance et de gardiennage, ajoutés aux conflits sociaux qui empêchent l’utilisation d’équipements (bornes d’eau piratées en amont).

Engagement du vice-recteur pour que toute nouvelle construction d’établissement (11 collèges prévus), soit accompagnée des installations sportives correspondantes.

Pas de piscine sauf dans un restaurant où un bassin privé de 17m est utilisé par plusieurs établissements.

Problème également de calendrier avec seulement 4 semaines de vacances de Noël.

Problème de travail aux heures chaudes.

Problème aussi de précipitations qui, à certaines saisons, interdisent toute activité extérieure.

Abandon de fait de la natation scolaire par le vice-recteur, pour des raisons de coût et de manque de maîtres-nageurs.

Problème enfin de la pratique de l’EPS en tongs ou pieds nus pour raisons financières ou de manque d’habitude des chaussures.

Guadeloupe :

97% de réponses des collègues au questionnaire du SNEP.

93% des collègues considèrent qu’ils n’ont pas des conditions matérielles leur permettant de respecter les programmes scolaires, et deux tiers trouvent les installations indignes.

Engagement du recteur pour que toute nouvelle construction d’établissement (11 collèges prévus), soit accompagnée des installations sportives correspondantes.

Terre d’inégalités : les ZEP et les LP sont les plus mal dotés, les communes qui sont les mieux pourvues en IS reçoivent les élèves des familles les plus aisées.

Certains établissements ne font pas d’EPS sur des périodes entières.

Incompétence des professionnels de la construction et de la maintenance.

Sur 4 nouveaux collèges, un a dû attendre 10 ans pour obtenir des installations sportives et les trois autres ont des IS sous-dimensionnées, basées sur des représentations anciennes mal pensées, mal réalisées et non fonctionnelles.

L’île comporte de gros collèges dont un de 1400 élèves ; plusieurs établissements scolaires sont dans des bâtiments autrefois affectés à d’autres fonctions, sans installation sportive, sans compensation horaire ni subvention systématique pour le transport.

Dans certains endroits, des collègues restent des mois sans pouvoir enseigner l’EPS.

Le recteur avait promis, devant le secrétaire général du SNEP, une commission pour toute nouvelle construction ou rénovation, mais jamais mise en place.

Le guide MEN a été donné mais non diffusé.

La politique d’équipements est une politique d’affichage : des installations sont construites mais ne sont pas laissés aux établissements scolaires. De même, le CREPS dispose de toutes les installations nécessaires.

Le labo des STAPS travaille sur la performance et la thermorégulation ; un sujet qui pourrait s’avérer utile !

Natation : 25% des enfants ne savent pas nager ; 80% des filles de 15 ans ne nagent pas 100m ; en LP 33% ne savent pas nager.

Problème du risque sismique, pas toujours pris en compte.

Difficulté d’organiser des rencontres UNSS car les associations ne laissent pas les équipements sportifs. Aucun respect de l’EPS et du sport scolaire.

Martinique :

Beaucoup de temps perdu dans les transports (en collèges particulièrement).

Quelques belles installations sportives intra-muros en lycées, mais en général grandes disparités : de rien à des installations sportives intéressantes.

La revendication porte sur des installations couvertes, mais pas forcément fermées.

Les piscines sont parfois disproportionnées ou loin des établissements.

Les « petits chefs » locaux déterminent souvent les choix. Tension commune/ Région, les clubs sont privilégiés.

Remarques de Martine et Jean Paul :

Types d’installations = ne pas en rester au strict minimum dans les demandes.

Il y a une responsabilité syndicale / exigences = élever le niveau.

Risque de perte de sens du métier avec des conditions lamentables (quels horaires ? quels apprentissages ?). Le point de départ c’est la pédagogie.

Compétences de départ = les profs d’EPS seuls savent ce qu’il faut pour enseigner.

Dans les DOM, c’est plus difficile car le rapport aux élus est compliqué pour engager un rapport de force. Il faut un prof « local » ou un « métro reconnu ».

Propositions d'actions :

Même s’il est difficile d’être pris en considération par les décideurs, il est décidé de mutualiser les réflexions et propositions.

  1. Les responsables ultramarins envoient au secteur équipements national sur la boite mail equipements@snepfsu.net un court topo d’ici la fin avril avec :
    1. ce qui ne va pas ou les situations très contrastées (les inégalités criantes) 1 recto verso,
    2. ce que l’on propose.
  2. Le secteur équipements fait une synthèse et retourne une proposition aux responsables ultramarins
  3. Après une ou plusieurs navettes (+ mise en page et photos), un document de référence validé par les responsables ultramarins est diffusée selon une stratégie concertée.
  4. La spécificité ultramarine est rajoutée comme chapitre au guide chantier dans sa mise à jour annuelle.

Ce document comprenant un édito constituerait un (des) additif(s) aux référentiels.

Un courrier de « piqûre de rappel » au vice-recteur de Guadeloupe sera préparé par le secrétaire académique et proposé à la signature du secrétaire général.



Représentant au congrés national
pour le SNEP-FSU,

Eric Fischer